L'écologie, la science des interactions, une philosophie de vie
L'Ecologie profonde
(en anglais: deep ecology, néologisme d'Arne Naess, philosophe norvégien)
« Dès les années 1970 » Arne Naess élabore son fameux concept d' « écologie profonde », en opposition à l'écologie « superficielle » qui, selon lui se focalise uniquement sur la réduction de la pollution et la sauvegarde des ressources matérielles en vue de garantir le niveau de vie actuel des sociétés riches. La satisfaction des besoins humains etant notre finalité, le reste du vivant n'est pour nous qu'un ensemble de « ressources ». c'est ce que nous appelons une vision anthropocentriste du monde.
A l'inverse, l'écologie véritable ou écologie profonde s'inscrit dans le long terme. La reflexion écologique se place au niveau philosophique, c'est une 'écosophie'. Elle nous demande de repenser complêtement le rapport de l'humain à la nature.
Riche d' une pensée écologiste, l'humanité n'est donc plus au centre de la Nature, elle est partie intégrale de l'écosystème.C'est ce que l'on nomme écocentrisme ou Biocentrisme.
L''ecologie profonde propose une relation, une harmonie et un équilibre nouveaux entre les humains, les communautés et la Nature. Cette philosophie invite à une nouvelle relation et perception du monde. Elle est harmonie, tolérance, respect. Inspirée par les idées de Gandhi elle est absolument pacifiste et demande cependant une implication et une action constante.
Elle est la base du nouveau paradigme. Elle est le nouvel accord entre l'Humanité et le reste du vivant.
Les huits postulats de l'écologie profonde
Précision: Ces huits postulats ont été rédigés en 1984 par Naess et Sessions. La formulation peut surprendre voire hérisser certains.
Arne Naess a plus tard proposé quelques modifications, cependant, ces postulats sont les seuls à ma connaissance qui offrent "une plateforme" de reflexion.
Il serait à mon avis interressant de les rafraîchir.
1) Le bien-être et l'épanouissement des formes de vie humaines et non-humaines de la Terre ont une valeur en elle-même (synonyme : valeur intrinsèque, valeur inhérente). Ces valeurs sont indépendantes de l'utilité du monde non-humain pour les besoins humains.
2) La richesse et la diversité des formes de vie contribuent à la réalisation de ces valeurs et sont également des valeurs elles-mêmes.
3) L'Homme n'a pas le droit de réduire la richesse et la diversité biologique, sauf pour satisfaire des besoins vitaux.
4) L'épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une décroissance substantielle de la population humaine. Le développement des formes de vie non-humaines requière une telle diminution.
5) L'interférence actuelle des humains avec le monde non-humain est excessive et nuisible, et la situation empire rapidement.
6) Des politiques doivent donc être changées. Ces politiques affectent les structures économiques, technologiques, et idéologiques fondamentales. Il en résultera une société profondément différente de la nôtre.
7) Les changements idéologiques passent par l'appréciation d'une bonne qualité de vie plutôt que l'adhésion à des standards de vie toujours plus élevés. Il aura prise de conscience de la différence entre "bonne qualité" et "excès".
8) Ceux qui souscrivent aux points précédents s'engagent à mettre en application directement ou indirectement les changements nécessaires.
En savoir plus
Ce trimestriel est la version française de "The ecologist", bourré d'informations. A lire régulièrement.
Cliquez dessus pour vous rendre au site du magazine.