Les forêts... celles que l'on doit préserver, celles que l'on doit replanter

En Inde, ils replantent la forêt

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Dans le Tamil Nadu près d'Auroville, en Inde, un groupe d'hommes et de femmes venus du monde entier replantent la forêt. Sur près de 30 hectares de terres fortement érodées, des volontaires recréent la forêt indigène.
Ces volontaires sont de tous ages, ils viennent du monde entier, ils restent là deux semaines, trois mois. Ils viennent seuls, avec un ami  ou en famille.
La vie y est très simple. Régime végétalien, sobriété, partage et lenteur. A Sadhana on  apprend à vivre en harmonie avec la forêt. Il n'y a pas de doute, ce sont des Sylvaners!

http://sadhanaforest.free.fr/

             En Afrique, les 30 millions d'arbres
                        de Wangari Maathai

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Wangari Maathai est la première femme africaine à avoir reçu le Prix Nobel de la Paix. Parcequ'elle avait comprit que sans arbres son pays partirait en poussière et ne laisserait que misère et désolation, elle créa le mouvement Green Belt (Ceinture Verte) et incita les gens de son pays à replanter les arbres. Wangari avait étudié la biologie, elle montra, d'abord aux femmes, comment récolter les graines et prendre soin des pépinières, nourrir la terre, arroser en suffisance.
Au bout de quelques années et de nombreuses difficultés, bois et forêts repoussèrent. Pour un arbre coupé, les femmes en replantaient deux. Ces forêts leur donnaient le combustible, la nourriture, la fraîcheur et l'espoir pour leurs enfants. Et les hommes finirent par les rejoindre!
C'est l'indépendance alimentaire que ces gens ont retrouvé grâce aux arbres, aux potagers aux chèvres et aux ruches .
Dans les écoles les enfants créèrent des pépinières. Puis les soldats vinrent leur prêter main forte.
Aujourd'hui plus de trente millions d'arbres ont déjà été plantés.

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Les forêts sont sources et régulatrices de vie

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Outre le fait de produire, par la photosynthèse, l’oxygène indispensable à notre vie, les forêts sont le lieu de vie d'un nombre incalculable d'espèces animales et végétales. Si près d' 1.5 million d'espèces ont été jusqu'ici répertoriées, les scientifiques estiment que leur nombre total se situerait entre 3 et 10 millions.

Les forêts sont des lieux où foisonnent la biodiversité et chaque type de forêt recèle des espèces uniques en leur genre. Les humains qui s'y sont établis depuis des millénaires y ont eux aussi développé des cultures uniques et totalement adaptées à ces lieux de vie..

Les forêts sont essentielles à la régulation du cycle de l'eau. Le feuillage des arbres et des arbrisseaux atténue l'impact de la pluie qui ruisselle ainsi doucement jusqu'au sol. L'eau de pluie s'infiltre lentement à travers la matière organique, la couche d'humus et le réseau dense de racines toujours plus fines. Retenue dans le sol forestier, l'eau est filtrée de ses polluants et elle alimente les nappes phréatiques. Cette rétention atténue ainsi les fluctuations du débit des rivières.

Un sol nu, sans forêt, s'érode. A chaque grosse pluie, les rivières sont envahies par les ruissellements et c'est pourquoi elles débordent régulièrement. D'un sol érodé par le vent et la pluie, drainé de sa matière vivante, il ne reste que de la pierre sur laquelle rien ne pousse.

Parce que les forêts sont denses et qu'elles sont composées de différentes strates (herbacées, arbustes, canopée...) elles protègent du vent mais limitent également les variations climatiques extérieures (la froidure ou la canicule).

Dans leur masse végétale et dans leur sol, les forêts emprisonnent le carbone, réduisant ainsi la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les forêts immergées (car il ne faut pas oublier l'extraordinaire masse végétale sous-marine), contribue largement à ralentir le réchauffement climatique.

«Tu peux replanter un arbre, tu ne peux pas replanter une forêt.»
Parce qu'une forêt est un organisme complexe elle ne peut pas être tout simplement «replantée».
Un ensemble d'espèces végétales peuvent être replantées ensemble, dans un vaste espace, des espèces animales, mammifères, oiseaux,  insectes et autres arachnides peuvent y être transplantés, mais il faudra cependant un long moment (entre plusieurs décennies et plusieurs siècles) pour que les interactions complexes entre les espèces se recréent, pour que des espèces nouvelles, totalement adaptées à ce milieu unique se développent et trouvent leur niche, pour que des organismes rares comme certains champignons et lychens,  certaines fleurs puissent y proliférer de nouveau.

«La Nature sait mieux»
Une forêt, en tant qu'organisme, ne doit pas non plus être tenue sous contrôle. Si débroussailler  une forêt peut éviter les incendies, c'est cependant la meilleure façon de rendre stérile cet écosystème qui dépend avant tout du pourrissement des végétaux morts. Les feux de forêt ne sont pas dûs à la présence des arbustes et branches mortes tombées au sol, mais à l'ignorance -voire aux actions criminelles- des humains qui côtoient la forêt.

S'il est essentiel de replanter les forêts qui ont été décimées depuis l'aube du moyen-âge et surtout au cours du 2O è siècle, il est déterminant de les replanter sur de vastes territoires, non morcelés par des routes, des champs  et autres espaces d'activités humaines.

Mais il est tout d'abord capital de ne plus couper aucune des forêts primaires qui restent sur la planète. Par extension, une large portion des forêts replantées doit à son tour être laissée à l'état sauvage, afin que se recréent les interconnexions subtiles de ces écosystèmes complexes.

Et nous, en tant que « Ümani » nous devons accepter, avec humilité mais néanmoins avec émerveillement, de laisser ces espaces libres de tout contrôle.



Sites internet:

En Français vous avez reforestation.net qui est le site officiel de Terre des jeunes.
Ainsi que Planête Urgence.
Le site savetheenvironment.com  en anglais, vous enverra vers une multitude de sites concernant tous les domaines de l'écologie et de la biodiversité.




Sénégal: Le projet Trees and life

Article de Libé du 24/12/2009
Envolée de bois verts au Sénégal (Libé)

En Casamance, le projet Trees and Life associe reforestation et cultures maraîchères. Objectif : influer sur le climat.

Par ANDREA PARACCHINI Reporters d’espoirs.

Il y a six mois, le village de Teyel, en Casamance (Sénégal), et 22 autres communautés situées entre Vélingara et le parc naturel du Niokolo-Koba, ont eu droit à leur révolution verte.

En juin, la société française Kinomé et l’ONG locale Mozdahir Développement ont lancé le programme Trees and Life («arbres et vie»). Depuis, 300 000 arbres et arbustes ont été plantés, et une surface de 4 500 hectares a été protégée. «On a rendu la forêt aux communautés et replanté avec elles des arbres utiles dans leurs villages», explique Nicolas Métro, à la tête de Kinomé et spécialiste de la revalorisation des arbres. «Des dizaines de milliers de villageois ont participé à la plantation de citronniers, manguiers et anacardiers, se rappelle Madické Seck, agent des eaux et forêts et chef de projet Trees and Life. Cases et champs ont été entourés de haies vives composées d’acacia mellifera et de jatropha, qui les protègent des incursions des animaux et de l’érosion due aux vents.»

Communautés. Le choix des essences plantées s’est fait en accord avec les villageois pour répondre à leurs besoins concrets : se nourrir et constituer une réserve de bois de chauffe. «Utiles, ces arbres seront protégés par les villageois eux-mêmes», souligne Nicolas Métro. Ce sont d’ailleurs les femmes des villages qui gèrent les pépinières communautaires qui accueillent, sur les trois quarts de leur surface, des parcelles maraîchères. «Ainsi, les femmes qui viennent cultiver leurs légumes peuvent aussi s’occuper des plants.»

Un modèle qui ne sort pourtant pas complètement de l’imagination de Nicolas Métro. «Pour concevoir Trees and Life, je n’ai fait que m’inspirer d’un programme que l’Etat sénégalais mène depuis 2002 pour protéger quatre écosystèmes différents, dont celui du parc du Niokolo-Koba.» Soutenu par le Fonds mondial pour l’environnement (FEM) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le Programme de gestion intégrée des écosystèmes du Sénégal (PGIES) a permis la création de 25 réserves naturelles communautaires. «La gestion est confiée à la population des villages, rappelle Moussa Diouf, directeur du programme. Et pour en assurer le développement, certaines réserves, dont deux autour du Niokolo-Koba, se sont dotées de mutuelles de microcrédit.» Elles financent l’achat d’animaux, la construction de haies vives ou l’installation de ruches. «Seule contrepartie, on vérifie que le demandeur s’engage dans des travaux d’intérêt général, comme la maintenance des pare-feu qui entourent les réserves.»

Pour chaque microcrédit, 5% des intérêts sont versés dans un fonds environnemental qui sert, entre autres, à développer les pépinières.

Dans le cadre de Trees and Life, Kinomé va contribuer à l’alimentation de ce fonds grâce notamment à la vente de crédits carbone générés par le reboisement et la déforestation évitée. Moussa Diouf reste néanmoins prudent : «Il faudra rester vigilant. Toutes les mutuelles pourraient ne pas avoir les moyens de gérer des sommes d’argent trop importantes.»

Impact. Le PGIES ne compte d’ailleurs pas faire de la finance carbone son cœur de métier. Pour renforcer son travail sur le climat des espaces semi-arides du Sénégal, Kinomé l’a mis en relation avec le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) français. Objectif : mesurer l’impact de la forêt sur les températures, l’humidité et la pluviométrie.

«Lorsqu’on coupe des arbres, on détruit les écosystèmes. Nous voudrions prouver qu’il est toujours possible de revenir en arrière et avoir des effets positifs sur le climat d’une région», résume Nicolas Métro, s’appuyant sur la théorie du «Global Cooling Project», laquelle part du principe que l’eau et la végétation font augmenter l’humidité et donc favorisent in fine la formation de nuages. En protégeant les sols du rayonnement solaire, ils refroidissent la surface et alimentent en pluie les moussons qui les traversent en direction des zones désertiques du Nord.

Des études seront ainsi menées sur une aire de 1,5 million d’hectares comprenant le parc du Niokolo-Koba, les réserves environnantes et les 150 000 ha que le programme Trees and Life compte protéger d’ici à 2012 autour du parc. Au Sénégal, l’après Copenhague a déjà commencé.